Le 13 février dernier, le Premier Ministre a publié le décret officialisant la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Donnons-nous l’occasion de voir de quel bois se chauffera la filière bois-énergie.
Retardée par une série de remous politiques, la version 2025-2035 de la
programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) était attendue depuis 2 ans. Elle définit les priorités d’actions pour la politique énergétique qui permettront à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050 dans une logique souveraine et à coûts maîtrisés.
Un « objectif biomasse » clair, mais modéré
Le gouvernement souhaite ainsi réduire la part des énergies fossiles au profit de l’électrification et des énergies renouvelables (EnR) non électriques. La biomasse solide (le bois) aura son rôle à jouer, avec une légère progression chaque année. En 2022, la production de chaleur était de 110,7 TWh, et sera de 138 TWh en 2030, puis entre 120 et 153 TWh en 2035.
Source : Thomas Samson / AFP
Sébastien Lecornu le 13 février 2026 lors de l'annonce du décret de publication de la PPERégionalisation de la PPE
Chaque région ayant ses spécificités, le gouvernement déclinera localement les objectifs de la PPE avec l’appui du comité régional de l’énergie (CRE), piloté par la Région et dont un collège est composé d’élus locaux. Le SRADDET sera modifié en conséquence. En fonction de celui-ci, les communes seront invitées à continuer à définir des zones d’accélération incluant entre autres le bois-énergie.
Un enjeu de durabilité de la ressource
Plusieurs organes sont mobilisés afin de maîtriser l’équilibre offre-demande de la ressource bois : la stratégie nationale de mobilisation de la biomasse et les schémas régionaux biomasse, les cellules régionales biomasse, la commission thématique inter-filières « bioéconomie » et le groupement d’intérêt scientifique « biomasse ». L'observatoire bois énergie (OIBE) contribue à alimenter leurs connaissances.
Les conséquences
Pour être éligibles au Fonds Chaleur, les nouveaux projets de chaufferies devront étudier en priorité la faisabilité de l’utilisation d’énergie de récupération, de géothermie, de solaire ou de pompe à chaleur. Les projets « petits » et « moyens » vont donc avoir du mal à trouver leur place dans le Fonds Chaleur.
Pour autant, dans certains cas, le bois-énergie est privilégié : haute température, autoconsommation en industrie, remplacement de vieilles chaudières fossiles ou bois, parfois réseaux de chaleur selon leur efficacité et la consommation qu’ils engendrent.
Sachant cela, n’hésitons pas à tisser des liens avec les organismes de réflexion et décisionnaires afin de faire valoir nos filières bois locales.